
« Qu’est-ce que tu es en train de faire ?
- - Je fais juste le plein de plantes. Il nous en manque quelques-unes à l’hôpital, lui expliqua Courtney. Tu reviens de la clairière ? Tu as vu Anton ?

- - Oui mais il n’y a rien de nouveau, se désola Eris.
- - Courage, je suis sûre qu’ils trouveront une solution.
- - Ouais, comme pour vous, marmonna-t-elle.

- - … Courtney se figea.
- - Désolée, je n’aurais jamais dû dire ça, s’excusa l’elfe.
- - Ce n’est rien. Je me suis déjà faite à l’idée que nous ne rentrerons jamais chez nous de toute façon.

- - Ça te va de rester bloquer ici ?
- - Ou veux-tu que j’aille ? Je n’ai nulle part où aller, continua-t-elle en mettant ses herbes dans un panier. Elle le ramassa et repartit en direction de la cité.

- - Je ne sais pas … Dans mon monde par exemple ? Si nous arrivons un jour à y retourner, lui proposa Eris tout en la raccompagnant.
- - Pourquoi ? Nous avons apporté notre savoir et notre technologie ici, nous nous en contentons très bien.
- - Vous pourriez l’apporter chez nous.

- - Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, réfléchit la jeune femme. Selon moi, chaque monde a ses propres règles sauf celui où nous nous trouvons qui tend à rassembler des peuples venant d’horizons très différents. Pour quelles raisons, je l’ignore mais j’ai comme l’impression que le mélange de nos savoirs est autorisé. Venir dans le vôtre, qui me semble plutôt archaïque, y apporter l’électricité et le téléphone, serait considéré comme de la sorcellerie ou un truc du genre …

- - Le téléphone ? Qu’est-ce que c’est ?
- - Un petit objet qui nous permet de communiquer à distance, en se parlant à haute voix. Le transfert est instantané.
- - Ouaho ! Vous pouvez faire ça ?
- - Oui, mais nous n’avons pas réussi à le mettre en place ici. Pour cela il faudrait créer des satellites et les envoyer dans le ciel mais aucun ingénieur spécialiste dans ce domaine n’a été téléporté avec nous.

- - Je ne comprends strictement rien à ce que tu me racontes mais ça m’a l’air très intéressant. Tiens, changea de sujet Eris, on dirait qu’Eraldion s’est trouvé une nouvelle amie.
- - Ouais, j’ai vu. C’est bien qu’il fasse de nouvelles rencontres.
- - Ah bon ? Eris ne s’attendait pas à cette réaction.

- - D’ailleurs, tu devrais faire comme lui et te mélanger aux atlantes. Tu étais bien partie avec Andreas avant de lui faire ton sale coup.
- - Il en avait besoin, se défendit Eris en se remémorant la scène avec le sourire. Je le trouvais trop sûr de lui.
- - C’est tout lui ! Approuva Courtney. Mais on l’aime comme il est, c’est ainsi.
- - D’ailleurs vous deux … Est-ce sérieux ou non ? Je me perds dans toutes vos histoires …
- - Non, on s’entend très bien c’est tout. Nous sommes amis et plus si affinités parfois. Mais nous ne sommes jamais sortis ensemble. Qui oserait sortir avec lui d’ailleurs ? Tu peux être sûre qu’il te tromperait au bout de 3 jours !
- - Au contraire d’Eraldion. Les hommes de mon monde sont très fidèles.
- - Si tu le dis. Mais un homme reste un homme. Qu’importe le monde où ils se trouvent, conclut la terrienne. »

Courtney avait l’air de se moquer éperdument du prince. Elle l’avait à peine regardé lorsqu’il était avec Tatiana. Eris avait espéré la rendre jalouse, en vain. Son amie semblait plus préoccupée par trouver les bonnes herbes médicinales que par se trouver un petit-ami. Mais ce n’était que partie remise. Eris avait l’intention de les jeter dans les bras l’un de l’autre, et elle y arrivera. Elle avait testé la carte jalousie, cela n’avait pas fonctionnait. Elle allait devoir trouver autre chose …